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Le jadin sauvage est un jardin libre, où peuvent pousser les
fleurs écologiques, les arbes fruitiers sans traitements, les
bananiers, les manguiers, etc..., dans les pays sous développés la
plupart des jardins sont sauvages et écologiques.
 Jardin sauvage, île
de Fédrun/Saint-Joachim
Sommaire
- Préambule
- Philosophie
- Grands principes
- Milieux
- Choix des végétaux
- Animaux, abris et nourrissage
- Entretien
- Avantages
- Bibliographie
- Notes
et références
- Voir aussi :
Un jardin sauvage ou jardin naturel (wild garden
ou wildlife garden en anglais, Naturgarten ou naturnaher
Garten en allemand, wilde tuin, natuurtuin, natuurrijke
tuin, natuurvriendelijke tuin ou heemtuin en
néerlandais) est un jardin
dans lequel la conservation de la nature
joue un rôle important. Il reproduit, à son échelle, des milieux
naturels locaux (biotopes) afin d'offrir un refuge à la vie sauvage,
tant végétale qu'animale.
Sa caractéristique principale est une forte présence de végétaux
indigènes, qui servent de support à la faune sauvage. Un jardin sauvage
a donc une vocation de refuge naturel, qu'il soit créé de toutes pièces
ou que l'on ait simplement laissé les espèces s'établir d'elle-mêmes.
Comme tout jardin, il fait néanmoins l'objet d'une gestion, puisque,
d'une part, il doit rester attrayant pour le jardinier et sa famille
(aspects récréatif et esthétique) et que, d'autre part, les végétaux
les mieux adaptés à la situation du jardin risquent de tout envahir si
leur expansion n'est pas un tant soit peu contrôlée.
Les jardins sauvages sont parfois qualifiés de «jardins naturels»,
comme le fait par exemple l'association Ponema (association française
qui promeut l'utilisation d'espèces sauvages dans les jardins).
Toutefois, ce terme est assez vague et peut aussi être employé comme
synonyme de «jardin écologique» ou «biologique» (ou désigner simplement
un jardin d'aspect «libre»). Ces divers termes se recoupent et sont
liés à une même philosophie du jardinage,
plus respectueuse de l'environnement, au sens large ; l'appellation
«jardin sauvage» met cependant l'accent sur la place accordée aux
espèces végétales indigènes et à la création de milieux naturels, afin
de contribuer à la sauvegarde de la biodiversité régionale. «Jardin
nature admise» est un bon synonyme.
Philosophie
La notion de « jardin sauvage » remonte au XIXe siècle
et est attribuée au jardinier irlandais William Robinson (1838-1935).
Celui-ci rompt avec le conformisme des jardins de l'époque et promeut
une forme de jardinage qui accorde une place aux fleurs rustiques et
les laisse se naturaliser au lieu de les contrôler strictement. Le
jardin acquiert ainsi un caractère plus naturel, plus romantique. Le
souci de protection de la nature n'étant pas encore à l'ordre du jour,
les espèces présentes dans ce type de jardin étaient alors aussi bien
exotiques qu'indigènes. Aujourd'hui, on qualifierait plutôt ces jardins
de « jardins naturels » ou « d'aspect naturel& ».
La dimension de refuge naturel qui s'est greffée sur le concept
de W. Robinson émane du constat que l'espace réservé à la vie sauvage
se réduit de plus en plus. Sous la pression des activités humaines, les
biotopes naturels sont détruits ou modifiés. Dans l'esprit de
nombreuses personnes, la nature a sa place - et la trouve - en dehors
des zones urbanisées. Or, dans les régions du globe à forte densité
démographique, ce n'est souvent plus le cas. Les zones rurales,
forestières et côtières ont été à ce point modifiées en vue de la
satisfaction des besoins humains que le qualificatif de
« naturel » ou « semi-naturel » ne peut plus leur
être appliqué. Trop souvent, la forêt n'est envisagée que sous l'angle
économique et se compose d'un nombre limité d'essences, exotiques dans
le pire des cas (p.ex.épicéa en Belgique, eucalyptus en région
méditerranéenne) ; l'agriculture intensive transforme le paysage
en gigantesques monocultures arrosées de pesticides et d'engrais ;
zones humides, friches, dunes, landes, berges de rivières, parcelles de
nature indomptée sont détruites, morcelées ou modifiées pour favoriser
des activités « rentables » (habitat « extensif »,
tourisme, agriculture, navigation fluviale, captage d'eau pour les
villes et les champs, etc.). La nécessité de créer des réserves
naturelles, strictement protégées, en témoigne.
Or, la superficie de ces réserves est bien trop réduite pour
compenser la perte d'espace pour la vie sauvage. De plus, elles sont
éloignées les unes des autres, ce qui réduit les possibilités de
dispersion des populations végétales et animales et, par là, les
possibilités de brassage génétique. Sans celui-ci, les espèces, en
particulier animales, risquent de dégénérer. D'où l'idée de laisser une
place à la nature dans des zones vertes strictement liées à un usage
humain mais non soumises à des impératifs de productivité, à savoir les
parcs et les jardins publics et privés, qui peuvent représenter une
surface non négligeable des zones urbanisées. Cette philosophie peut
également s'appliquer aux bermes d'autoroutes, bords de chemins et
petits éléments de verdure urbaine, comme les ronds-points. On
constitue ainsi des mini-réserves et des couloirs pour le déplacement
et la dissémination des espèces, qui viennent compléter le réseau formé
par les talus de chemin de fer et les terrains vagues.
Grands principes
La pratique du jardinage «nature admise» peut être résumée en
quelques principes fondamentaux :
- renoncer à l'utilisation de produits toxiques pour la faune et
la flore : engrais chimiques et pesticides de toutes sortes
(insecticides, fongicides, anti-mousses...) ;
- préférer les plantes indigènes locales (elles constituent le
meilleur support pour la faune), les autres plantes utiles aux espèces
animales (arbres à baies, plantes mellifères, fleurs simples
produisant nectar et pollen) ou au minimum les plantes robustes qui
restent saines sans recours aux produits chimiques ;
- accorder une place à la spontanéité, ne pas chercher à tout
contrôler, accepter de se laisser surprendre : laisser de nouvelles
espèces s'installer spontanément, laisser pousser la pelouse par
endroits, tailler moins souvent les haies, conserver du bois mort ;
- reproduire des milieux naturels variés;: zone humide,
sous-bois, talus...;
- offrir des abris à la faune ; nichoirs, abris à insectes,
accès à un abri de jardin...;
- ne pas cultiver d'espèces invasives ;
... mais également quelques principes communs à tous les styles
de jardinage : installer les plantes à l'endroit qui leur convient
(soleil/ombre, sol sec/humide, sol acide/calcaire), contrôler les
plantes trop envahissantes et organiser le jardin de telle sorte qu'il
soit agréable à utiliser pour son propriétaire !
Ces principes sont complémentaires et se renforcent les uns les
autres : les plantes indigènes survivent sans produits
chimiques ; ces plantes (et l'absence de produits chimiques)
attirent de nombreux insectes dont les populations se régulent entre
elles pour atteindre un équilibre ; les plantes plus fragiles
bénéficient de cet équilibre et se passent elles aussi de produits
chimiques ; la nature spontanée (souvent des plantes indigènes)
augmente encore la biodiversité du jardin et renforce les équilibres
biologiques ; les prédateurs plus grands (oiseaux, hérissons...)
sont attirés par la diversité du jardin et contribuent à lutter contre
les espèces «nuisibles»...
Les sections suivantes de l'article abordent ces différents
principes plus en détail.
 Mur de briques
colonisé par la végétation
Milieux
Pour offrir un espace diversifié à la vie sauvage, un jardin
sauvage peut présenter différents types de milieux accueillant chacun
une flore et une faune spécifiques :
- une zone boisée, avec divers étages de végétation (strate
herbacée, arbustes, plantes grimpantes, arbres de haut jet). En
fonction de la superficie du jardin, on privilégie des essences plus
ou moins hautes
- une zone herbacée, potentiellement très fleurie. Les
possibilités sont multiples : la végétation peut être coupée à
différentes périodes de l'année, plus ou moins fréquemment, pour
favoriser telles ou telles espèces végétales, mais elle peut aussi
être tondue relativement court la plupart du temps, pour favoriser les
plantes les plus basses et offrir un terrain de chasse à certains
oiseaux. Cette zone peut aussi être laissée totalement en friche,
milieu qui offre un abri permanent aux insectes des zones herbeuses,
ou prendre la forme d'un parterre de fleurs. Enfin, une partie du
jardin, par exemple une bordure, peut être retournée tous les ans afin
de favoriser les espèces annuelles telles que les fleurs des
champs ;
- une zone de « lisière forestière ». Celle-ci est
particulièrement riche en espèces, car elle attire aussi bien celles
des milieux boisés que celles des milieux herbacés. Elle est souvent
présente dans les jardins sous la forme d'une haie, plantée pour sa
fonction de délimitation, et sert également de «corridor biologique».
Une haie libre (c'est-à-dire non taillée) a l'avantage de pouvoir
fleurir et produire des fruits, et d'être ainsi plus attrayante pour
les insectes, oiseaux et mammifères. Les espèces épineuses protègent
les petits animaux de les prédateurs (chats et autres), les espèces
persistantes leur offrent un abri en hiver ;
- une zone humide peut être constituée d'un plan d'eau plus ou
moins vaste, d'une fontaine, d'un marais, d'un fossé. Il faut veiller
à ce que son aménagement permette d'éviter la noyade des animaux — et
des humains — qui s'en approchent (berges en pente douce). Une telle
zone héberge une faune propre, mais permet également aux espèces
terrestres de s'abreuver, aux oiseaux de se baigner et à certains de
ces derniers de prélever de la boue pour la construction de leur
nid ;
- une zone sèche peut prendre la forme d'un talus, d'un sentier
de gravier, d'une rocaille, d'une zone sablonneuse, d'un muret en
pierres sèches (c'est-à-dire non maçonné) ou d'une toiture végétale.
Il peut tout simplement s'agir d'un mur de briques ou de pierres que
l'on s'abstient de rejointoyer.
Choix des végétaux
Puisqu'un jardin sauvage reproduit l'environnement naturel de la
région qui l'entoure, il abrite en majorité des plantes indigènes.
Celles-ci accueillent toujours un nombre plus élevé d'espèces animales
que les espèces «exotiques». En effet, elles sont en relation étroite
avec les insectes et autres animaux de la région, avec lesquels elles
évoluent depuis des millénaires. Ainsi, les inflorescences des végétaux
d'une région donnée sont parfaitement adaptées aux pollinisateurs
(insectes, oiseaux, mammifères) de cette même région, qui sont attirés
par leur nectar et leur pollen ; il en va de même de leurs fruits, dont
les consommateurs disséminent les graines.
Les plantes indigènes constituent donc la base des pyramides ou
chaînes alimentaires. La dépendance la plus forte vis-à-vis des plantes
indigènes se situe au niveau des insectes, et plus particulièrement de
leurs larves ; pour se nourrir, ces dernières dépendent strictement de
la présence de végétaux particuliers, voire d'une seule et unique
espèce. Or, plus les insectes sont nombreux, plus le jardin attirera
d'oiseaux, et ainsi de suite. En résumé, une grande diversité de
plantes indigènes favorise une grande diversité d'espèces animales qui
se nourrissent les unes des autres ; de la sorte, aucune espèce ne
devient abondante au point de nuire à la végétation. Cet équilibre
entre ravageurs et prédateurs est recherché par les partisans de
agriculture et du jardinage biologiques.
Cependant, un jardin sauvage peut très bien accueillir un certain
nombre d'espèces non indigènes. Certaines d'entre elles sont en effet
de grandes productrices de nectar, de graines ou de fruits, ou bien
fleurissent très tôt ou très tard dans la saison et assurent par là une
plus longue période de nourrissage aux animaux. Elles ne devraient
toutefois pas représenter la majorité des végétaux d'un jardin sauvage,
mais plutôt être considérées comme un « plus ». Par exemple,
let ournesol n'est indigène qu'en Amérique du Nord, mais il est
intéressant dans tout jardin sauvage en raison de son importante
production de graines et parce qu'il s'agit d'une plante mellifère.
Le choix des espèces exotiques doit toutefois être prudent, car
certaines d'entre elles se révèlent être invasives et peuvent mettre en
péril les équilibres au sein des écosystèmes régionaux, bien que leur
commercialisation ne soit pas interdite. Un exemple bien connu est
celui de la renouée du Japon, qui pose problème en Europe et en
Amérique du Nord.
Il faut également souligner le problème que peuvent constituer
les cultivars (c'est-à-dire les variétés cultivées, les créations
horticoles). Lorsqu'un cultivar résulte de l'« amélioration »
d'une espèce existante pour donner des fleurs doubles, il ne produit
souvent plus de nectar ni de graines, ou en moindre quantité, et perd
ainsi tout ou partie de son intérêt pour la vie sauvage. Lorsqu'une
couleur particulière de feuillage est favorisée par sélection, les
insectes qui vivent sur cette plante et s'en nourrissent sont menacés
d'une autre façon ; l'effet de mimétisme chromatique qui les
protège sur la plante dans sa forme originelle est réduit à néant et
ils sont beaucoup plus visibles pour leurs prédateurs (risque de
modification de l'équilibre écologique). Lorsqu'un cultivar résulte de
l'hybridation de plusieurs espèces, on se trouve face à une espèce
« nouvelle » ; celle-ci pourra peut-être nourrir
certains insectes, mais certainement pas autant qu'une espèce existant
à l'état sauvage (cf. les espèces exotiques). Par ailleurs, nombre
d'hybrides sont stériles et ne produisent pas de graines.
Pour ce qui est de l'installation des plantes, deux philosophies
coexistent.Certains sont partisans de laisser faire la nature avant
tout et d'attendre que des plantes sauvages s'installent dans les
milieux préparés pour elles. Cette méthode permet de laisser se
développer au maximum les graines déjà présentes dans le sol du jardin.
Elle possède un avantage certain : les végétaux qui se développent
sont parfaitement adaptés aux conditions particulières du terrain.
D'autres jardiniers sont davantage « interventionnistes » et
plantent plus de végétaux, tout en conservant la flore spontanée.
L'avantage est que cela permet l'installation de plantes sauvages qui
ne sont plus présentes dans l'environnement proche et pour lesquelles
la probabilité de les voir s'installer naturellement dans le jardin est
très réduite, voire nulle.
Pour se procurer des plants et des graines sauvages, plusieurs
solutions existent. On peut s'approvisionner dans une pépinière
spécialisée dans les espèces sauvages d'origine locale ou faire appel à
d'autres « jardiniers sauvages » qui ont souvent des graines
ou plantes en surplus. Il est également possible de prélever des
graines et des boutures dans les terrains vagues ou au bord des routes.
Attention : pour certaines espèces protégées, tout prélèvement
d'une quelconque partie de la plante est interdit. Enfin, si un terrain
est en passe d'être entièrement construit, on peut y prélever des
plantes entières et des « carrés de sol » à l'aide d'une
bêche. C'est le seul cas où il est permis de « piller » le
terrain, puisque le milieu est voué à la destruction. Dans les autres
cas, il faut se limiter à la récolte de graines et boutures là où une
plante est particulièrement abondante, afin de ne pas mettre en danger
sa population, ce qui irait à l'encontre de la volonté de préservation
de la nature qui est à la base du jardin sauvage.
Animaux, abris et nourrissage
S'agissant des animaux, le mot d'ordre est simple : il ne
faut procéder à aucune introduction. Tout d'abord, de nombreuses
espèces sont protégées et il est interdit de déplacer les individus
(même au stade de l'oeuf). Ensuite, il est impossible d'être absolument
certain que le jardin conviendra à l'espèce, et l'introduction risque
de se solder par un échec. Enfin, certains animaux peuvent modifier
fortement l'équilibre écologique et nuire à la biodiversité ; il
est ainsi fortement déconseillé d'introduire poissons et canards dans
une mare de surface réduite. Si le jardin convient à certaines espèces
animales, elles y viendront d'elles-mêmes et s'y implanteront
durablement — pour autant que les animaux domestiques les laissent
tranquilles.
 Hérisson commun
(Erinaceus europaeus)
Pour attirer un maximum de vie animale sauvage, toutes sortes
d'aménagements sont possibles : plates-bandes de fleurs riches en
nectar, carré de tournesols et autres plantes fournissant en abondance
des graines appréciées des oiseaux, table de nourrissage et mangeoires
(uniquement en hiver, car le type de nourriture généralement proposé ne
convient pas au nourrissage des jeunes), nichoirs pour différentes
espèces d'oiseaux, matériaux de construction pour les nids (boue,
mousses, restes de laine...), abris à hérissons, à insectes et à
chauves-souris... Le jardinier peut également multiplier à l'envi
toutes sortes de micro-milieux favorables à la diversité de la vie
sauvage : tas de bois, de feuilles mortes, de pierres, petits
fagots de tiges creuses, talus secs et creux humides, souche ou tronc
d'arbre mort qui sera colonisé par les champignons... Lorsque le jardin
est entouré de murs, ceux-ci peuvent être couverts de plantes
grimpantes. Un tas de compost abrite une foule d'animaux minuscules et
sert de garde-manger aux insectivores du jardin.
Entretien
La notion de jardin sauvage peut apparaître comme un contresens,
un espace jardiné (dessiné, cultivé, contrôlé) étant l'opposé d'un
espace sauvage, où l'homme n'intervient pas. Toutefois, si l'on
souhaite maintenir une certaine diversité de milieux, il est
nécessaire, à l'instar de ce qui se fait dans certaines réserves
naturelles, d'effectuer un minimum de gestion. Dans le cas contraire,
le jardin pourrait ne plus contenir, au bout d'un certain temps, qu'un
nombre limité d'espèces dominantes. La gestion permet également de
conserver un espace agréable pour le jardinier et sa famille grâce à
l'entretien de chemins, d'une pelouse pour les jeux des enfants,
d'aires de repos, etc. L'entretien est d'autant plus nécessaire que la
surface du milieu concerné est petite, et donc sensible à
l'envahissement par l'une ou l'autre espèce.
- La règle primordiale à respecter est de ne pas empoisonner le
jardin avec des pesticides (insecticides, fongicides, etc.) puisque
l'objectif est de favoriser la vie sauvage. Il est préférable
d'envisager l'attaque massive d'un « nuisible » comme
symptomatique d'un déséquilibre à corriger (plante recevant trop peu
de lumière ou inadaptée au sol, trop faible diversité des végétaux,
sol nu permettant aux spores de champignons d'atteindre les feuillages
lorsque les gouttes de pluie rebondissent,...).
- De manière générale, il est préférable d'utiliser des outils
mécaniques, silencieux et plus « doux » que les outils à
moteur. Ainsi, utiliser une faux pour couper l'herbe haute laisse une
chance de survie aux insectes, qui seraient par contre broyés par une
tondeuse.
- L'objectif de l'entretien n'est pas de nettoyer parfaitement
le jardin, afin de laisser suffisamment d'abris pour les petits
animaux. Ainsi, il vaut mieux supprimer les tiges mortes des
plates-bandes au printemps, pour qu'elles puissent servir de refuge
aux insectes pendant la mauvaise saison.
- Une partie des végétaux ligneux peut être entretenue en
taillis, pour le bois de chauffe par exemple. Cela permet d'obtenir
des plantes touffues. Certains arbres peuvent être taillés en têtard :
de nombreuses espèces végétales et animales s'installeront dans les
cavités de la « boule ». Les arbres en surnombre doivent
être supprimés. Il est intéressant de conserver les arbres morts et
creux, pour autant que ceux-ci ne constituent pas un danger, car ils
peuvent servir d'abri aux animaux cavernicoles (certains oiseaux,
écureuils, chauves-souris...).
- Dans un petit jardin, il est souvent nécessaire de tailler les
haies tous les ans ou tous les deux ans pour en limiter la hauteur et
la largeur. Il faut absolument procéder en dehors de la période de
nidification des oiseaux.
- L'entretien d'une pelouse nécessite une tonte régulière, en
réglant la lame assez haut (environ 8 cm). Ceci favorise les plantes
basses, qui fleuriront si on saute de temps en temps quelques tontes.
Pour favoriser les plantes de prairie de printemps, l'herbe est coupée
régulièrement à partir de fin juin seulement. Pour favoriser les
plantes de prairie d'été, on ne fauche pas avant fin septembre ;
l'herbe peut toutefois être coupée jusqu'en juin si l'on a besoin
d'une zone d'herbe rase (pour les jeux, bains de soleil, etc.).
- L'herbe coupée doit être éliminée (compost) car les prairies
les plus fleuries sont souvent les plus pauvres, un milieu riche étant
trop favorable aux seuls chardons, orties et graminées. L'herbe doit
être laissée à sécher quelques jours avant d'être évacuée, le temps
que les petits animaux se réfugient dans les chaumes et que les
graines mûres se détachent des tiges.
- Les friches doivent être régulièrement débarrassées des
végétaux ligneux qui s'y implantent, afin d'empêcher l'évolution vers
un milieu boisé. On peut par exemple en faucher une partie chaque
année.
- Les zones réservées aux plantes annuelles doivent être
retournées tous les ans, avant ou pendant la période de repos de la
végétation, afin que ces plantes ne soient pas concurrencées par le
système racinaire des végétaux vivaces et réapparaissent chaque année.
- Il est souvent nécessaire d'éliminer les algues qui se
développent dans les mares lorsque l'eau est trop riche et de limiter
certaines plantes qui risquent d'envahir la zone d'eau ouverte. La
matière végétale morte doit être éliminée pour éviter
l'eutrophisation.
- On peut souhaiter donner aux plates-bandes et rocailles
proches de la maison et de la terrasse un aspect plus soigné, y
associer des couleurs particulières et favoriser les plantes
parfumées. Il est dès lors nécessaire d'enlever les végétaux
indésirables, quitte à les réinstaller ailleurs dans le jardin.
- Le compost doit être aéré et maintenu humide, et, une fois
mûr, étendu au pied des jeunes arbres et des fruitiers, sur les
plates-bandes de fleurs exigeantes et au potager.
Les plantes indigènes, par essence parfaitement adaptées au
climat et aux micro-organismes présents dans l'environnement (leurs
« prédateurs »), requièrent peu de soins. L'entretien d'un
jardin sauvage ne nécessite pas d'engrais fortement dosés, d'arrosages
copieux, de traitements insecticides et fongicides, de lourde
préparation du sol : pour autant que les végétaux soient adaptés
au type de sol et à l'ensoleillement de la zone du jardin où ils sont
plantés, ils sont naturellement résistants et le jardinier peut se
contenter de limiter leur développement. Le tonneau ou la citerne d'eau
de pluie et le tas de compost suffisent pour soigner les plantes plus
exigeantes que l'on aura souhaité cultiver. Si une plante dépérit
malgré le bon équilibre du jardin, l'attitude du « jardinier
sauvage » est plutôt de se dire qu'elle n'y était pas vraiment à
sa place plutôt que de s'acharner à la faire pousser coûte que coûte en
intervenant continuellement.
Avantages
Outre la conservation de la nature et de la biodiversité, le
jardin sauvage présente d'autres aspects positifs.
Un jardin sauvage est à la fois un jardin écologique et un jardin
économique. L'absence d'utilisation de pesticides, d'arrosage intensif
et de recours aux engrais chimiques en font en effet un jardin non
polluant et respectueux des ressources en eau. L'usage parcimonieux de
la tondeuse à gazon et du taille-haie contribuent à la fois au calme du
quartier et aux économies d'énergie. Le prix des espèces indigènes est
relativement peu élevé, et même nul si l'on privilégie l'implantation
spontanée, la récolte de graines, le bouturage et les échanges avec
d'autres jardiniers.
Un jardin sauvage constitue également un cadre idéal pour
l'implantation d'un potager ou d'un verger biologique. En effet,
l'équilibre écologique du jardin (absence de maladies, prédateurs
variés) profite aux cultures et rend superflu l'usage de pesticides. La
présence de nombreux insectes pollinisateurs est également garante de
récoltes abondantes de fruits et légumes-fruits.
En zone rurale, ces jardins s'intègrent harmonieusement dans le
paysage (pas de haies de thuyas qui défigurent le bocage, etc.).
Ce concept de jardinage convient parfaitement aux personnes qui
ne souhaitent pas consacrer trop de temps à l'entretien de leur jardin
(voir plus haut), mais préfèrent le contempler et observer la vie qui
s'y développe.
Enfin, le jardin sauvage offre un terrain de découvertes pour
tous ses usagers, quel que soit leur âge. Il permet de se familiariser
avec des végétaux devenus rares dans les jardins et dans la nature,
bien que naturellement présents dans la région, et d'observer la faune
sauvage. Un tel jardin attire oiseaux et papillons ; c'est là un
élément qui séduira de nombreux propriétaires de jardin.
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