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Le jardinage au naturel,
sauvage ? presque !

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Jardin sauvage ou naturel :
Philosophie

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La notion de jardin sauvage remonte au XIXe siècle et est attribuée au jardinier irlandais William Robinson (1838-1935). Celui-ci rompt avec le conformisme des jardins de l'époque et promeut une forme de jardinage qui accorde une place aux fleurs rustiques et les laisse se naturaliser au lieu de les contrôler strictement. Le jardin acquiert ainsi un caractère plus naturel, plus romantique. Le souci de protection de la nature n'étant pas encore à l'ordre du jour, les espèces présentes dans ce type de jardin étaient alors aussi bien exotiques qu'indigènes. Aujourd'hui, on qualifierait plutôt ces jardins de jardins naturels ou d'aspect naturel.

La dimension de refuge naturel qui s'est greffée sur le concept de W. Robinson émane du constat que l'espace réservé à la vie sauvage se réduit de plus en plus. Sous la pression des activités humaines, les biotopes naturels sont détruits ou modifiés. Dans l'esprit de nombreuses personnes, la nature a sa place - et la trouve - en dehors des zones urbanisées. Or, dans les régions du globe à forte densité démographique, ce n'est souvent plus le cas. Les zones rurales, forestières et côtières ont été à ce point modifiées en vue de la satisfaction des besoins humains que le qualificatif de « naturel » ou « semi-naturel » ne peut plus leur être appliqué. Trop souvent, la forêt n'est envisagée que sous l'angle économique et se compose d'un nombre limité d'essences, exotiques dans le pire des cas (p.ex. épicéa en Belgique, eucalyptus en région méditerranéenne) ; l'agriculture intensive transforme le paysage en gigantesques monocultures arrosées de pesticides et d'engrais ; zones humides, friches, dunes, landes, berges de rivières, parcelles de nature indomptée sont détruites, morcelées ou modifiées pour favoriser des activités « rentables » (habitat « extensif », tourisme, agriculture, navigation fluviale, captage d'eau pour les villes et les champs, etc.). La nécessité de créer des réserves naturelles, strictement protégées, en témoigne.

Or, la superficie de ces réserves est bien trop réduite pour compenser la perte d'espace pour la vie sauvage. De plus, elles sont éloignées les unes des autres, ce qui réduit les possibilités de dispersion des populations végétales et animales et, par là, les possibilités de brassage génétique. Sans celui-ci, les espèces, en particulier animales, risquent de dégénérer. D'où l'idée de laisser une place à la nature dans des zones vertes strictement liées à un usage humain mais non soumises à des impératifs de productivité, à savoir les parcs et les jardins publics et privés, qui peuvent représenter une surface non négligeable des zones urbanisées. Cette philosophie peut également s'appliquer aux bermes d'autoroutes, bords de chemins et petits éléments de verdure urbaine, comme les ronds-points. On constitue ainsi des mini-réserves et des couloirs pour le déplacement et la dissémination des espèces, qui viennent compléter le réseau formé par les talus de chemin de fer et les terrains vagues.

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