Jardinage bio naturel écologique conseils culture recettes spéciales : Jardin sauvage ou naturel : Choix des végétaux
inneshop
Voyez ici l'actualité des dernières màj
Infos techniques

Le jardinage au naturel,
sauvage ? presque !

Vous êtes le 114 714ème visiteur
Vous êtes actuellement 7 en ligne

Jardin sauvage ou naturel :
Choix des végétaux

page suivante Milieux

Animaux, abris et nourrissage page suivante

Puisqu'un jardin sauvage reproduit l'environnement naturel de la région qui l'entoure, il abrite en majorité des plantes indigènes. Celles-ci accueillent toujours un nombre plus élevé d'espèces animales que les espèces « exotiques ». En effet, elles sont en relation étroite avec les insectes et autres animaux de la région, avec lesquels elles évoluent depuis des millénaires. Ainsi, les inflorescences des végétaux d'une région donnée sont parfaitement adaptées aux pollinisateurs (insectes, oiseaux, mammifères) de cette même région, qui sont attirés par leur nectar et leur pollen ; il en va de même de leurs fruits, dont les consommateurs disséminent les graines.

Les plantes indigènes constituent donc la base des pyramides ou chaînes alimentaires. La dépendance la plus forte vis-à-vis des plantes indigènes se situe au niveau des insectes, et plus particulièrement de leurs larves ; pour se nourrir, ces dernières dépendent strictement de la présence de végétaux particuliers, voire d'une seule et unique espèce. Or, plus les insectes sont nombreux, plus le jardin attirera d'oiseaux, et ainsi de suite. En résumé, une grande diversité de plantes indigènes favorise une grande diversité d'espèces animales qui se nourrissent les unes des autres ; de la sorte, aucune espèce ne devient abondante au point de nuire à la végétation. Cet équilibre entre ravageurs et prédateurs est recherché par les partisans de l'agriculture et du jardinage biologiques.

Cependant, un jardin sauvage peut très bien accueillir un certain nombre d'espèces non indigènes. Certaines d'entre elles sont en effet de grandes productrices de nectar, de graines ou de fruits, ou bien fleurissent très tôt ou très tard dans la saison et assurent par là une plus longue période de nourrissage aux animaux. Elles ne devraient toutefois pas représenter la majorité des végétaux d'un jardin sauvage, mais plutôt être considérées comme un « plus ». Par exemple, le tournesol n'est indigène qu'en Amérique du Nord, mais il est intéressant dans tout jardin sauvage en raison de son importante production de graines et parce qu'il s'agit d'une plante mellifère.

Le choix des espèces exotiques doit toutefois être prudent, car certaines d'entre elles se révèlent être invasives et peuvent mettre en péril les équilibres au sein des écosystèmes régionaux, bien que leur commercialisation ne soit pas interdite. Un exemple bien connu est celui de la renouée du Japon, qui pose problème en Europe et en Amérique du Nord.

Il faut également souligner le problème que peuvent constituer les cultivars (c'est-à-dire les variétés cultivées, les créations horticoles). Lorsqu'un cultivar résulte de l'« amélioration » d'une espèce existante pour donner des fleurs doubles, il ne produit souvent plus de nectar ni de graines, ou en moindre quantité, et perd ainsi tout ou partie de son intérêt pour la vie sauvage. Lorsqu'une couleur particulière de feuillage est favorisée par sélection, les insectes qui vivent sur cette plante et s'en nourrissent sont menacés d'une autre façon ; l'effet de mimétisme chromatique qui les protège sur la plante dans sa forme originelle est réduit à néant et ils sont beaucoup plus visibles pour leurs prédateurs (risque de modification de l'équilibre écologique). Lorsqu'un cultivar résulte de l'hybridation de plusieurs espèces, on se trouve face à une espèce « nouvelle » ; celle-ci pourra peut-être nourrir certains insectes, mais certainement pas autant qu'une espèce existant à l'état sauvage (cf. les espèces exotiques). Par ailleurs, nombre d'hybrides sont stériles et ne produisent pas de graines.

Pour ce qui est de l'installation des plantes, deux philosophies coexistent. Certains sont partisans de laisser faire la nature avant tout et d'attendre que des plantes sauvages s'installent dans les milieux préparés pour elles. Cette méthode permet de laisser se développer au maximum les graines déjà présentes dans le sol du jardin. Elle possède un avantage certain : les végétaux qui se développent sont parfaitement adaptés aux conditions particulières du terrain. D'autres jardiniers sont davantage « interventionnistes » et plantent plus de végétaux, tout en conservant la flore spontanée. L'avantage est que cela permet l'installation de plantes sauvages qui ne sont plus présentes dans l'environnement proche et pour lesquelles la probabilité de les voir s'installer naturellement dans le jardin est très réduite, voire nulle.

Pour se procurer des plants et des graines sauvages, plusieurs solutions existent. On peut s'approvisionner dans une pépinière spécialisée dans les espèces sauvages d'origine locale ou faire appel à d'autres « jardiniers sauvages » qui ont souvent des graines ou plantes en surplus. Il est également possible de prélever des graines et des boutures dans les terrains vagues ou au bord des routes. Attention : certaines espèces sont protégées, tout prélèvement d'une quelconque partie de la plante est interdit. Enfin, si un terrain est en passe d'être entièrement construit, on peut y prélever des plantes entières et des « carrés de sol » à l'aide d'une bêche. C'est le seul cas où il est permis de « piller » le terrain, puisque le milieu est voué à la destruction. Dans les autres cas, il faut se limiter à la récolte de graines et boutures là où une plante est particulièrement abondante, afin de ne pas mettre en danger sa population, ce qui irait à l'encontre de la volonté de préservation de la nature qui est à la base du jardin sauvage.

page suivante Milieux

Animaux, abris et nourrissage page suivante