Jardin sauvage ou naturel : Choix des végétaux
Milieux
Animaux, abris et nourrissage
Puisqu'un jardin sauvage reproduit l'environnement naturel de la
région qui l'entoure, il abrite en majorité des plantes indigènes.
Celles-ci accueillent toujours un nombre plus élevé d'espèces animales
que les espèces « exotiques ». En effet, elles sont en
relation étroite avec les insectes et autres animaux de la région, avec
lesquels elles évoluent depuis des millénaires. Ainsi, les
inflorescences des végétaux d'une région donnée sont parfaitement
adaptées aux pollinisateurs (insectes, oiseaux, mammifères) de cette
même région, qui sont attirés par leur nectar et leur pollen ; il
en va de même de leurs fruits, dont les consommateurs disséminent les
graines.
Les plantes indigènes constituent donc la base des pyramides ou chaînes
alimentaires. La dépendance la plus forte vis-à-vis des plantes
indigènes se situe au niveau des insectes, et plus particulièrement de
leurs larves ; pour se nourrir, ces dernières dépendent
strictement de la présence de végétaux particuliers, voire d'une seule
et unique espèce. Or, plus les insectes sont nombreux, plus le jardin
attirera d'oiseaux, et ainsi de suite. En résumé, une grande diversité
de plantes indigènes favorise une grande diversité d'espèces animales
qui se nourrissent les unes des autres ; de la sorte, aucune
espèce ne devient abondante au point de nuire à la végétation. Cet
équilibre entre ravageurs et prédateurs est recherché par les partisans
de l'agriculture et du jardinage biologiques.
Cependant, un jardin sauvage peut très bien accueillir un certain
nombre d'espèces non indigènes. Certaines d'entre elles sont en effet
de grandes productrices de nectar, de graines ou de fruits, ou bien
fleurissent très tôt ou très tard dans la saison et assurent par là une
plus longue période de nourrissage aux animaux. Elles ne devraient
toutefois pas représenter la majorité des végétaux d'un jardin sauvage,
mais plutôt être considérées comme un « plus ». Par exemple,
le tournesol n'est indigène qu'en Amérique du Nord, mais il est
intéressant dans tout jardin sauvage en raison de son importante
production de graines et parce qu'il s'agit d'une plante mellifère.
Le choix des espèces exotiques doit toutefois être prudent, car
certaines d'entre elles se révèlent être invasives et peuvent mettre en
péril les équilibres au sein des écosystèmes régionaux, bien que leur
commercialisation ne soit pas interdite. Un exemple bien connu est
celui de la renouée du Japon, qui pose problème en Europe et en
Amérique du Nord.
Il faut également souligner le problème que peuvent constituer
les cultivars (c'est-à-dire les variétés cultivées, les créations
horticoles). Lorsqu'un cultivar résulte de l'« amélioration »
d'une espèce existante pour donner des fleurs doubles, il ne produit
souvent plus de nectar ni de graines, ou en moindre quantité, et perd
ainsi tout ou partie de son intérêt pour la vie sauvage. Lorsqu'une
couleur particulière de feuillage est favorisée par sélection, les
insectes qui vivent sur cette plante et s'en nourrissent sont menacés
d'une autre façon ; l'effet de mimétisme chromatique qui les
protège sur la plante dans sa forme originelle est réduit à néant et
ils sont beaucoup plus visibles pour leurs prédateurs (risque de
modification de l'équilibre écologique). Lorsqu'un cultivar résulte de
l'hybridation de plusieurs espèces, on se trouve face à une espèce
« nouvelle » ; celle-ci pourra peut-être nourrir
certains insectes, mais certainement pas autant qu'une espèce existant
à l'état sauvage (cf. les espèces exotiques). Par ailleurs, nombre
d'hybrides sont stériles et ne produisent pas de graines.
Pour ce qui est de l'installation des plantes, deux philosophies
coexistent. Certains sont partisans de laisser faire la nature avant
tout et d'attendre que des plantes sauvages s'installent dans les
milieux préparés pour elles. Cette méthode permet de laisser se
développer au maximum les graines déjà présentes dans le sol du jardin. Elle possède un
avantage certain : les végétaux qui se développent sont
parfaitement adaptés aux conditions particulières du terrain. D'autres
jardiniers sont davantage « interventionnistes » et plantent
plus de végétaux, tout en conservant la flore spontanée. L'avantage est
que cela permet l'installation de plantes sauvages qui ne sont plus
présentes dans l'environnement proche et pour lesquelles la probabilité
de les voir s'installer naturellement dans le jardin est très réduite,
voire nulle.
Pour se procurer des plants et des graines sauvages, plusieurs
solutions existent. On peut s'approvisionner dans une pépinière
spécialisée dans les espèces sauvages d'origine locale ou faire appel à
d'autres « jardiniers sauvages » qui ont souvent des graines
ou plantes en surplus. Il est également possible de prélever des
graines et des boutures dans les terrains vagues ou au bord des routes.
Attention : certaines espèces sont protégées, tout prélèvement
d'une quelconque partie de la plante est interdit. Enfin, si un terrain
est en passe d'être entièrement construit, on peut y prélever des
plantes entières et des « carrés de sol » à l'aide d'une
bêche. C'est le seul cas où il est permis de « piller » le
terrain, puisque le milieu est voué à la destruction. Dans les autres
cas, il faut se limiter à la récolte de graines et boutures là où une
plante est particulièrement abondante, afin de ne pas mettre en danger
sa population, ce qui irait à l'encontre de la volonté de préservation
de la nature qui est à la base du jardin sauvage.
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Animaux, abris et nourrissage
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