Jardin sauvage ou naturel : entretien
Animaux, abris et nourrissage
Avantages
La notion de jardin sauvage peut apparaître comme un contresens,
un espace jardiné (dessiné, cultivé, contrôlé) étant l'opposé d'un
espace sauvage, où l'homme n'intervient pas. Toutefois, si l'on
souhaite maintenir une certaine diversité de milieux, il est
nécessaire, à l'instar de ce qui se fait dans certaines réserves
naturelles, d'effectuer un minimum de gestion. Dans le cas contraire,
le jardin pourrait ne plus contenir, au bout d'un certain temps, qu'un
nombre limité d'espèces dominantes. La gestion permet également de
conserver un espace agréable pour le jardinier et sa famille grâce à
l'entretien de chemins, d'une pelouse pour les jeux des enfants,
d'aires de repos, etc. L'entretien est d'autant plus nécessaire que la
surface du milieu concerné est petite, et donc sensible à
l'envahissement par l'une ou l'autre espèce.
- La règle primordiale à respecter est de ne pas empoisonner le
jardin avec des pesticides (insecticides, fongicides, etc.) puisque
l'objectif est de favoriser la vie sauvage. Il est préférable
d'envisager l'attaque massive d'un « nuisible » comme
symptomatique d'un déséquilibre à corriger (plante recevant trop peu
de lumière ou inadaptée au sol, trop faible diversité des végétaux,
sol nu permettant aux spores de champignons d'atteindre les feuillages
lorsque les gouttes de pluie rebondissent,...).
- De manière générale, il est préférable d'utiliser des outils
mécaniques, silencieux et plus « doux » que les outils à
moteur. Ainsi, utiliser une faux pour couper l'herbe haute laisse une
chance de survie aux insectes, qui seraient par contre broyés par une
tondeuse.
- L'objectif de l'entretien n'est pas de nettoyer parfaitement
le jardin, afin de laisser suffisamment d'abris pour les petits
animaux. Ainsi, il vaut mieux supprimer les tiges mortes des
plates-bandes au printemps, pour qu'elles puissent servir de refuge
aux insectes pendant la mauvaise saison.
- Une partie des végétaux ligneux peut être entretenue en
taillis, pour le bois de chauffe par exemple. Cela permet d'obtenir
des plantes touffues. Certains arbres peuvent être taillés en
têtard : de nombreuses espèces végétales et animales
s'installeront dans les cavités de la « boule ». Les arbres
en surnombre doivent être supprimés. Il est intéressant de conserver
les arbres morts et creux, pour autant que ceux-ci ne constituent pas
un danger, car ils peuvent servir d'abri aux animaux cavernicoles
(certains oiseaux, écureuils, chauves-souris...).
- Dans un petit jardin, il est souvent nécessaire de tailler les
haies tous les ans ou tous les deux ans pour en limiter la hauteur et
la largeur. Il faut absolument procéder en dehors de la période de
nidification des oiseaux.
- L'entretien d'une pelouse nécessite une tonte régulière, en
réglant la lame assez haut (environ 8 cm). Ceci favorise les plantes
basses, qui fleuriront si on saute de temps en temps quelques tontes.
Pour favoriser les plantes de prairie de printemps, l'herbe est coupée
régulièrement à partir de fin juin seulement. Pour favoriser les
plantes de prairie d'été, on ne fauche pas avant fin septembre ;
l'herbe peut toutefois être coupée jusqu'en juin si l'on a besoin
d'une zone d'herbe rase (pour les jeux, bains de soleil, etc.).
- L'herbe coupée doit être éliminée (compost) car les prairies
les plus fleuries sont souvent les plus pauvres, un milieu riche étant
trop favorable aux seuls chardons, orties et graminées. L'herbe doit
être laissée à sécher quelques jours avant d'être évacuée, le temps
que les petits animaux se réfugient dans les chaumes et que les
graines mûres se détachent des tiges.
- Les friches doivent être régulièrement débarrassées des
végétaux ligneux qui s'y implantent, afin d'empêcher l'évolution vers
un milieu boisé. On peut par exemple en faucher une partie chaque
année.
- Les zones réservées aux plantes annuelles doivent être
retournées tous les ans, avant ou pendant la période de repos de la
végétation, afin que ces plantes ne soient pas concurrencées par le
système racinaire des végétaux vivaces et réapparaissent chaque année.
- Il est souvent nécessaire d'éliminer les algues qui se
développent dans les mares lorsque l'eau est trop riche et de limiter
certaines plantes qui risquent d'envahir la zone d'eau ouverte. La
matière végétale morte doit être éliminée pour éviter
l'eutrophisation.
- On peut souhaiter donner aux plates-bandes et rocailles
proches de la maison et de la terrasse un aspect plus soigné, y
associer des couleurs particulières et favoriser les plantes
parfumées. Il est dès lors nécessaire d'enlever les végétaux
indésirables, quitte à les réinstaller ailleurs dans le jardin.
- Le compost doit être aéré et maintenu humide, et, une fois
mûr, étendu au pied des jeunes arbres et des fruitiers, sur les
plates-bandes de fleurs exigeantes et au potager.
Les plantes indigènes, par essence parfaitement adaptées au
climat et aux micro-organismes présents dans l'environnement (leurs
« prédateurs »), requièrent peu de soins. L'entretien d'un
jardin sauvage ne nécessite pas d'engrais fortement dosés, d'arrosages
copieux, de traitements insecticides et fongicides, de lourde
préparation du sol : pour autant que les végétaux soient adaptés
au type de sol et à l'ensoleillement de la zone du jardin où ils sont
plantés, ils sont naturellement résistants et le jardinier peut se
contenter de limiter leur développement. Le tonneau ou la citerne d'eau
de pluie et le tas de compost suffisent pour soigner les plantes plus
exigeantes que l'on aura souhaité cultiver. Si une plante dépérit
malgré le bon équilibre du jardin, l'attitude du « jardinier
sauvage » est plutôt de se dire qu'elle n'y était pas vraiment à
sa place plutôt que de s'acharner à la faire pousser coûte que coûte en
intervenant continuellement.
Animaux, abris et nourrissage
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