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Les prédateurs des plantes

Au début du siècle, les insectes ravageurs étaient extrêmement peu développés et la culture des agrumes ne nécessitait pratiquement pas de traitement.

L’industrialisation de l’agriculture et la monoculture ont permis le développement des insectes nuisibles et nécessitent de grandes quantités de traitement pour être combattus. Dans les jardins, l’arsenal chimique n’est pas forcément nécessaire si vous apprenez à reconnaître et à protéger les auxiliaires utiles qui se nourrissent des prédateurs et de leurs larves.

NOTA IMPORTANT

Tous les traitements chimiques cités plus loins sont ceux utilisés par l'agriculture intensive.

Notre attention sera orientée plus particulièrement vers les rubriques "LES AUXILIAIRES A RECONNAITRE"


Les pucerons

Méthode de lutte :

Ces insectes sont fortement protégés sous leur bouclier, ce  qui rend les insecticides à peu près inopérants sur les adultes.
Une application d’huile d’hiver est indispensable après la taille. Sur les parcelles très infestées cette application doit se faire à la lance en mouillant soigneusement les branches à 400 litres de bouillies par arbre.
On aura recours à des applications insecticides exclusivement sur les piques de larves mobiles.

pucerons

Plusieurs espèces de pucerons se rencontrent sur agrumes dont aphis citricola (puceron vert des agrumes) et toxotera aurantis (puceron noir des agrumes) ; ces insectes ont des cycles complexes où alternent multiplication sexuée et asexuée.

Bien que leur pullulation soit spectaculaire, la lutte chimique ne se justifie pas. Dans les vergers sains les populations sont toujours réduites par l’action des auxiliaires. Seuls les vergers où les traitements excessifs ont anéanti la faune auxiliaire peuvent connaître ce déséquilibre.

LES AUXILIAIRES A RECONNAITRE

De petits hyménoptères peuvent parasiter les pucerons. Les insectes attaqués gonflent et se momifient. L’espèce lysiphlebus testaceipes a été introduite en Corse en 1972 par la SRA  de San Guiliano.


Alphelinus parasitant un hôte

puceron momifié

Les chysopes adultes se rencontrent souvent en été, attirées par la lumière. Les larves se nourrissent de pucerons à la cadence de 500/jours et d’acariens à celle de 50/heures. Les œufs pédonculés sont caractéristiques de cette espèce.


Chrysopea carnea adulte, larve et oeufs

Les larves de coccinelles et les adultes sont de gros prédateurs de pucerons : ils en consomment 10 à 60 par jour. Il existe de nombreuses espèces de coccinelles aux couleurs et aux formes variées.


Propylea quatuordecimpunctata et Coccinella septempuctata adulte et larve

Les syrphes sont des diptères (des mouches) dont les asticots se nourrissent de pucerons. Elles en consomment 400 pendant les 8 à 15 premiers jours de leur vie larvaire. Les adultes sont nectarifères et volent souvent en faisant du sur place.


Episyrphus adulte

larve

Tous ces auxiliaires sont sensibles aux insecticides et favorisés par le maintien de haies.


LES ALEURODES DES AGRUMES

Deux espèces d’aleurodes sont présentes en Corse : aleurothrixus floccosus, apparue en 1969 et dialeurodes citri, découverte quelques années plus tard.
Ce sont de petits insectes (2 à 4mm) qui forment des masses floconneuses blanches et collantes sous les feuilles. Selon l’espèce il y a 3 à 5 générations par an. L’hibernation a lieu sous forme larvaire et les premiers vols d’adultes interviennent en mars pour a floccosus en mai pour d citri. Les larves sont abondantes en juin
Les aleurodes sont fortement parasités (jusqu'à 70% de la population) par les auxiliaires.

LES AUXILIAIRES A RECONNAITRE

Cale noacki parasite a flocosus et Encarsia lahorensis parasite d citri


MINEUSE DES AGRUMES

Originaire du sud est asiatique, la mineuse des agrumes est détectée pour la première fois en Corse en 994.
La mineuse est un petit papillon de 2mm de long pour 4à 5 mm d’envergure. Les adultes ne sont actifs que la nuit.
Les femelles pondent une cinquantaine d’œufs sur les jeunes feuilles de moins de 10 mm de long et les larves une fois écloses vont se nourrir sur la feuille en se protégeant d’une galerie translucide.

En Corse, les premiers insectes apparaissent dans le courant du mois de juin et auraient une douzaine de générations par an à raison d’une tous les 10 jours.
DEGATS ET METHODES DE LUTTE SUR AGRUME
Sur un arbre adulte, la pousse de printemps représente 70% de la pousse totale et est épargnée par les attaques. La dégradation d’une partie des pousses d’été et d’automne n’affecte pas sérieusement la floraison et les récoltes. Les traitements sont donc inutiles.

Sur les plants de moins de 4 ou 5 ans ou sur des plants sur greffés récemment, il est indispensable de protéger les jeunes pousses. Les dégâts des mineuses peuvent entraîner un retard d’entrée en production de 1 à 2 années.
Les insecticides homologués sur agrumes sont :
- le CONFIRM matière active le tebufenozide) il agit par ingestion et est peu dangereux pour les auxiliaires. Dose homologuée 75cc/100litres ; emploi au moins 14 jours avant la récolte
- l’AGRIMEC (matière active : abamectin) il est dangereux pour les abeilles. Dose homologuée 75cc/100litres ; emploi au moins 10 jours avant la récolte.


Mineuse : nymphe, larve et adulte

LES AUXILIAIRES A RECONNAITRE

Quadracitus sp et Ageniatus citricola
La méthode la plus simple consiste à mettre un voile sur la plante pour la protéger de la mineuse


Ageniaspis citricola

Quadrastichus

LES COCHENILLES

LA COCHENILLE CHINOISE

Malgré son nom, cette cochenille est probablement originaire d’Amérique du sud. C’est un ravageur fréquent sur agrumes. Le dégât qu’elle occasionne, outre un affaiblissement général des l’arbre, est le développement de fumagine sur son miellat.

Cycle biologique

Il n’y a qu’une seule génération par an.
La reproduction asexuée ne concerne que les femelles. Les œufs sont cachés sous leurs boucliers et éclosent à partir du mois de juillet.
Les jeunes larves migrent à la queue leu leu jusqu'à la face supérieure des feuilles. Il y a 3 stades larvaires pendant lesquels elles sont mobiles et très sensibles aux traitements insecticides.
Les larves âgées se déplacent vers les rameaux, s’y fixent et muent en adultes.

Méthode de lutte :

Quelques auxiliaires s’attaquent à ceroplastes. Malheureusement leur action reste insuffisante pour contrôler les populations.
Il est nécessaire de protéger son verger par une lutte chimique appropriée, soit :
- en fin d’hiver par une application d’huile d’hiver  juste après la taille ;
- en été, si l’infestation est modérée, par une application d’huile d’été lors du pic de migration des larves le long des nervures de la feuille (première quinzaine d’août ).

Si l’infestation est forte, la traiter par une application d’un insecticide lors du pic larvaire et une huile d’été 15 jours plus tard.


LA COCHENILLE PLATE

Cycle biologique

Il y a trois générations par an, avec des essaimages de larves généralement en juin, en août et en septembre. La mortalité est très élevée en été, ce qui limite fortement les populations.
Cette espèce est très souvent parasitée par des micros hyménoptères particulièrement parmi les genres Métaphycus et Coccophagus.

Méthode de lutte

Seule la première génération (essaimage en mai et juin) peut être gênante. La pullulation de cette cochenille est souvent liée à des traitements chimiques excessifs qui ont anéantis les auxiliaires, c’est un signe de déséquilibre écologique.

Dans tous les cas prévoyez une application d’huile d’hiver juste après la taille ; en cas des fortes attaques en mai et juin, privilégier une application d’huile d’été et un insecticide.


Coccophagus

Metaphycus parasitant
un C.hesperidum

Les cochenilles parasitées
sont de couleur noire

La cochenille noire (Saissetia oleae )

Noire adulte

Cycle biologique

En France il n’y a qu’une seule génération par an.
Il y a peu de mâles et la reproduction est généralement asexuée. Les œufs éclosent à partir de mai juin avec des pics d’abondance de jeunes larves en juillet août.
Seules les jeunes larves sont vraiment mobiles.
L’insecte passe l’hiver sous la forme de larves âgées. Les femelles adultes apparaissent en fin de printemps et en été, pondent et meurent.

Larves de Noire

Méthode de lutte

Cette espèce convoitée des prédateurs est très souvent parasitée. Outre quelques coccinelles qui s’attaquent aux larves, on trouve plusieurs espèces de guêpes qui la parasitent.
La lutte chimique est rarement nécessaire : une application d’huile d’hiver juste après la taille suffit et, en été, même traitement que pour la cochenille chinoise.

LES COCHENILLES DIASPINES

Cycle biologique

Plusieurs espèces de Diaspines se rencontrent sur agrumes notamment les poux, les cochenilles, et les serpettes. Elles se caractérisent par  un premier stade larvaire mobile et les stades suivants sont fixés aux végétaux et recouverts d’un bouclier dur que l’on peut séparer du corps mou de l’insecte.
La reproduction est sexuée avec intervention de mâles ailés.


Larve Diaspines

Cochenille virgule

Premier stade larvaire mobile

LE POU ROUGE DE CALIFORNIE (Aonidiella aurantil)

La lutte contre ce ravageur repose surtout sur la détection des essaimages des larves mobiles.
Il existe des pièges pour capturer les mâles ailés. Ces pièges sont utiles pour détecter la présence de poux dans les vergers, pas pour déterminer les dates de traitements.
La lutte biologique est toutefois possible avec des introductions répétées d’Aphytis tout au long de la saison.


Encarsia sp

Poux rouge de Californie Aonidella auratii

LA COCHENILLE AUSTRALIENNE (Iceria purchasi Mask)

D’origine Australienne, cette cochenille dépourvue de bouclier est apparue en Europe à la fin du XIXème siècle.


Australienne adulte et larves

Larve a l'éclosion

Cycle biologique

Il y a plusieurs générations par an, probablement  3 en Corse. La reproduction est asexuée. Au fur et à mesure de la ponte, la femelle sécrète un volumineux sac cireux qui peut contenir jusqu’à 800 oeufs. Tous les stades larvaires et adultes sont mobiles. Une coccinelle, Rodolia cardinalis, est particulièrement friande de cette espèce. Introduite vers 1910 en Europe et en Corse, son action est suffisante pour contrôler les populations de cochenilles australiennes.
Une pullulation de cette cochenille ne s’observe que suite à une élimination des coccinelles par des traitements insecticides non raisonnés.

LA COCHENILLE FARINEUSE (Pseudococcus sp et Planococcus sp)

Les différentes espèces de cochenilles farineuses sont difficiles à distinguer. Elles sont toutes présentes sur une large gamme de plantes. Dépourvues de bouclier, elles sont couvertes d’une cire blanche pulvérulente.

Cycle biologique

Il y a 3 à 4 générations par an, le première intervenant en avril mai. Tous les stades sont mobiles. La reproduction est sexuée (intervention de mâles ailés). Les cochenilles farineuses ne se multiplient que dans des vergers où des traitements excessifs ont été réalisés.

LES AUXILIAIRES A RECONNAITRE

Plusieurs espèces de métaphycus pondent leurs œufs dans les larves de Saisettia oléae.
M.helvolus, ne pond que sur des larves âgées et M.lounsburyi, se lâchent de préférence sur des cochenilles adultes. Les deux sont proposés à la vente. La lutte par lâchés d’auxiliaires nécessite une bonne connaissance de la biologie des ravageurs.
L.dactylopii, L.abnormis et C.montrouzieri sont des parasites ou prédateurs de cochenilles farineuses.
Aphytis chrysomphali lutte contre le pou Chrysomphalus dictyospermi.
Aphytis melinus parasite le pou rouge de californie Aonidiella aurantii


Leptomastix dactyloppi

Cryptolaemus montrouzieri
larves

Cryptolaemus montrouzieri
adulte

Male de P. Citri

Metaphycus lounsburyi

Metaphycus helvolus

Rodolia cardinalis

Leptomastix dactylopii

Leptomastidae abnor

Cryptolaemus montrouzieri

Aphytis melinus

Traitement chimique :

Insecticide : Ultracide 20 à 0.2 litres pour 100 litres
Huiles d’hiver : Euphytane ou Oliblan ou Seppics TS… 1.5 à 2% à 2000 l/hectare minimum
Huiles d’été : Oliocin ou Seppics TS… application 1.5 % et 2000 l/hectare.
Lutte contre la fumagine : Heliosol application 0.4 % et 2000 l/hectare.


Les araignees

Les Araignées vivent sur les jeunes pousses, elles ont l'épaisseur d'un cheveux, elles sont généralement rouges ou blanches. Leurs piqûres décolorent la feuille qui devient jaune clair. On les observe avec une loupe. Elles se traitent avec du MASAI 1KG/1000L, ou avec de l’agrimec (750cc pour 1000L).