Restaurer l’humus avec le Bois Raméal Fragmenté (BRF)
Sommaire
Restaurer l’humus avec le Bois raméal fragmenté (BRF)
Pour restaurer rapidement un sol pauvre ou aride, le bois raméal
fragmenté (BRF) (les branches des arbres (rameaux) que l’on aura cassé
et lacéré) s’est avéré radicalement efficace.
En effet, les champignons se nourrissent de la sève, de l’écorce
et de la lignine et transforment le tout en un humus riche et
spongieux. On a ainsi transformé des terres arides en jardins en
quelques années.
Alors, ne jetez plus vos branchailles vertes ; elles constituent
un des meilleurs matériaux de base de la terre vivante : l’humus...
On a même vu un jardinier dans les Causses, qui a pu récolter ses
tomates après un mois sans eau. Pourquoi pas essayer ?
Le Bois Raméal Fragmenté ou Bois raméaux Fragmentés dits BRF
permettent de cultiver sans labour, sans engrais et sans eau (ou très
peu) des végétaux alimentaires ou non. En utilisant des branches
fraîchement broyées et appliquées rapidement au sol, toute une
pédofaune et pédoflore va s'installer et ainsi reproduire les mêmes
mécanismes que la forêt laquelle est autosuffisante. Les BRF sont
considérés comme des aggradants, (on parle alors d'aggradation à
l'inverse de dégradation) et présentent donc un matériau de premier
choix pour restaurer les sols épuisés. Bien que les BRF puissent être
précompostés à basse température et pour une courte durée (3 mois), ils
ne sont pas assimilables à des composts.
Définitions
BRF

Vue des basidiomycètes
Le terme BRF, Bois Raméal Fragmenté, ou encore Bois Raméaux
Fragmentés, désigne des branches broyées (fragmentées). Les branches à
selectionner sont des rameaux d'un diamètre inférieur à 7cm provenant
d'arbres feuillus (angiospermes), les résineux (gymnospermes) sont
tolérés en mélange à hauteur de 20 %. Les branches (ou les très jeunes
arbres) qui composent le BRF représentent la partie la plus riche de
l’arbre. On y retrouve 75% des minéraux, des acides aminés, des
protéines et des catalyseurs.
Par extension, le terme BRF désigne aussi des méthodes culturales
agricoles innovantes qui, par l'introduction du broyat dans la couche
supérieure du sol ou la mise en paillis de BRF, recréent un sol de type
"forestier". Les BRF favorisent la pédogénèse nécessaire à la création
de l'humus.
Leur utilisation est considérée comme essentielle dans une
agriculture de type "Biologique" et "de conservation" ainsi que dans la
lutte contre la désertification.
Vue des basidiomycètes dans le sol
Basidiomycètes
Les basidiomycètes (Basidiomycota) constituent un vaste
embranchement (ou division) de champignons, caractérisés par des spores
formées à l'extrémité de cellules spécialisées, les basides. Ces
champignons ont besoin d'air et d'humidité pour survivre. Ils ne
survivent pas dans un sol à nu (sans mulch) ni en profondeur.
Mycélium
Le mycélium est un ensemble de filaments, plus ou moins ramifiés,
formant la partie végétative d'un champignon. Il est situé en sous-sol.
Intérêts
Grâce à la lignine du BRF, la température reste stable et
moyenne, le PH neutre, l'humidité vitale constante. Plus besoin
d'irriguer ni de fertiliser. De plus, le fait que le sol ait une
couverture aide à lutter contre le ruissellement (c'est donc aussi une
très bonne manière de lutter contre l'érosion).
La présence des basidiomycètes est le gage de la réussite dans
l'amélioration de la structure d'un sol. Ils sont les principaux
micro-organismes capables de digérer la lignine du bois, recyclant et
aidant les végétaux à absorber et assimiler l'eau et les substances
nutritives en formation dans le sol. Ils sont le point de départ de la
chaîne trophique avec les bactéries, suivies des insectes. Générateurs
d'antibiotiques naturels, ils protègent les cultures des parasites et
maladies.
Les intérêts et les chiffres annoncés seraient peu crédibles
s'ils n'étaient affirmés et confirmés par 30 ans d'études scientifiques
de chercheurs et d'organismes de renom (Universite de LAVAL-QUEBEC,
Pr.LEMIEUX), (CTA Wallonie-BELGIQUE, J.HEBERT)
Humification
Bien que l'augmentation notable des rendements soit
impressionnante, l'accroissement rapide du taux d'HUMUS semble être
l'intérêt premier. L'accroissement du taux d'humus se situe à 1% sur
moins de 10 ans alors qu'il faut 50 ans pour obtenir un résultat
similaire avec du compost et 80 ans avec fumier ou lisier seuls.
Rendements accrus
En quantité comme en qualité, sur toutes les cultures testées et
en tous lieux (les plus forts rendements, 500% à 800% de la planche
témoin, revenant aux pays tropicaux - Afrique, Madagascar - sur tomates
et courgettes en raison du contrôle des nématodes grâce aux BRF). Les
Canadiens obtiennent régulièrement 200% à 300% sur la culture des
fraises. Les études, notamment en UKRAINE (1996-97), sur le seigle,
montrent des accroissements notables du nombre de grains, de leur
poids, de la matière sèche, de l'azote, etc.
Humidification
Absence totale d'arrosage, sur les Causses du Quercy, l'été 2005,
chez M.DUPETY, un des précurseurs français du BRF à qui l'on doit une
forte médiatisation ces dernières années et de là une nouvelle
reconnaissance en France.
Réduction de 50% de l'arrosage en Afrique.
Outre le fait que la limitation de l'arrosage accroît la qualité
gustative et biologique du produit, qu'elle évite le lessivage des sols
et des nutriments solubles, qu'elle diminue la pénibilité du travail,
qu'elle permet d'envisager la remise en culture de terrains abandonnés
pour cause de sécheresse persistante et de difficultés d'accès à l'eau
(abandon de champs de lavande dans le sud-est), il faut avoir en
mémoire que le problème de l'eau est un des problème majeur de demain
avec la dégradation galopante des sols.
Traitement phytosanitaire
Après recherches (LAVAL-QUEBEC-LEMIEUX), parmi la quantité de
produits générés par la pédofaune, figurent des antibiotiques utilisés
par les plantes. On remarque lors des essais, l'absence de certaines
maladies et prédations existant sur les planches-témoin et le peu d'
impact d'autres attaques.
Travail réduit
Pas de labour, désherbage, arrosage, traitements réduits....
Permet de préserver l'environnement
L'azote étant fixé, il est plus difficilement entraîné par
lessivage. Le BRF pourrait même contribuer à fixer l'azote d'autre
origine présent, celui du lisier par exemple.
Utilisation de rémanents forestiers
Jusqu'ici négligés, voire encombrants, les résidus de travaux
forestiers ou d'élagage se découvrent une nouvelle noblesse et une
nouvelle richesse.
La recherche de matière première pour le développement du BRF,
qui semble inéluctable, rejoint l'intérêt que l'on porte actuellement
aux haies vives, à leur richesse biologique, animale, à leur nécessité
pour le vent, l'eau et la biodiversité.
Autres intérêts
Il existe d'autres implications potentielles (regain de l'intérêt
pour l'agriculture locale, naturelle et peu coûteuse, ouverture de
possibilités de recherches sur les sols carencés, sur les antibiotiques
biologiques, etc.).
Cette nouvelle pratique est simple, évidente, elle ne demande que
peu de financements (aussi bien pour sa mise en œuvre que pour d'autres
recherches non indispensables) et pourtant seul le hasard semble avoir,
encore une fois, initié sa découverte.
Après plusieurs milliers d'années de mise en sommeil, de
matraquage, de mauvais traitements divers et variés, de pollutions,
d'acharnement inconscient, il suffit de quelques mois, de quelques
"chips" de broyats, pour remettre en vie un sol "forestier" et
multiplier par 500 la pédofaune !
Chassez le naturel, il revient au galop...et nous pardonne, ou
nous...méprise.
En pratique
Vue du Jardin Vivaces. Tout le sol est recouvert de BRF.
Production du BRF
Plus le diamètre de la branche est petit, meilleur sera l'effet
sur le sol (tout diamètre supérieur à 7 cm est à proscrire). L'idéal
est que ces rameaux ou branchages soient broyés pendant la période
dormante, peu avant la poussée de sève (février/début mars) . Ceci
parce qu'elles contiennent de la lignine en formation, plus attaquable
par les champignons et les bactéries que la lignine adulte ou mûre,
telle que présente dans le tronc des arbres. Ces branches contiennent
une matière azotée indispensable au développement de ces bactéries et
champignons. Ces branchages, chez vous, peuvent provenir de la taille
et de l'élagage de vos arbres d'ornement, de la taille de vos arbres
fruitiers, de la taille de vos haies, à l'exception des buis et
ligustrum de moins de deux ans.
Ces branchages, rameaux, etc., cette matière première sera
lacérée, fragmentés dans une broyeuse afin de faciliter l'attaque de la
lignine par les bactéries et les champignons. En effet, l'écorce de ces
petites branches est protégée des insectes et des bactéries par un
germe de cuticule. La lacération met le bois à nu et le rend donc
immédiatement attaquable par bactéries et champignons.
Utilisation
- Épandre une fois par an entre 150 à 200 mètres cubes de BRF
frais par hectare sur une couche d'environ 1 à 2 cm. Le BRF de
résineux est à éviter; il convient de ne pas en incorporer plus de
20%.
- incorporer par griffage au sol, sur 5 à 15 cm(suivant la
nature du sol), le processus devant rester aérobie
- si la première application de BRF est effectuée en fin d'hiver
ou au printemps, effectuer un apport d'azote la première année
seulement (compost ou fumier)
- Semer et ne plus perturber le sol.
Les années suivantes, on ajoute une couche par-dessus celle de
l'année passée. Il est bon de recouvrir tout le sol de BRF (même les
allées peuvent être recouvertes).
Grâce au BRF, on peut constater les trois couches
caractéristiques d'un sol vivant et fertile:
- en surface, la couche de BRF d'environ 1 cm;
- la couche en décomposition remplie de filaments blancs (les
mycéliums des champignons basidiomycètes);
- le sol bien noir (et qui sent très bon).
Manuel pratique
Les rongeurs
La faim d'azote
Collemboles et acariens
Le développement des champignons stimule celui de leur principaux
prédateurs : les microarthropodes fongivores (collemboles et acariens)
(Larrochelle 1994) qui sont les principaux représentants de la
mésofaune du sol. Ce broutage ne peut toutefois avoir lieu que si les
champignons, et donc le bois qu’ils ont consommé, sont suffisamment
riches en protéines. Ce broutage stimule par ailleurs l’activité
lignivore des champignons en activant la prolifération du mycélium
ainsi rajeunit. De plus les excréments de ces microarthropodes vont
permettre le développement de communautés bactériennes qui vont
minéraliser l’azote qu’ils contiennent. C’est à ce niveau que se
produit la libération très progressive de l’azote immobilisé
précédemment.
Acteurs majeurs
Groupe de coordination des bois rameaux fragmentés
- Faculté de foresterie et de géomatique
- Pavillon Abitibi-Price, Université Laval, Québec, Québec,
Canada, G1K 7P4
- Tél.: (418) 656-2131 poste 2837
- Télécopie: (418) 656-3177
- courriel : Gilles.Lemieux@sbf.ulaval.ca
-
site : http://www.sbf.ulaval.ca
Aggra, Association dédiée au brf
- 17 rue W. Kuhnen, 1030 Bruxelles, Belgique.
- tel : 00 32 44 86 35 52 46
- fax : 00 32 85 27 46 11
- courriel : aggra@skynet.be et benoit@aggra.org
-
site : http://www.aggra.org
Jacky Dupety cultivateur en brf
- Ferme du Pouzat
- 46320 Livernon
- tel : 05 65 40 46 98
- courriel : dupety.family@wanadoo.fr
-
site : http://fermedupouzat.free.fr
-
blog : http://pouzatbrf.blogspot.com
David Sanchez Comité Jean Pain Madagascar
- projet brf en Afrique, vente de broyeuses
- BP 1285
- Fianarantsoa 301
- Madagascar
- tel : 261 20 75 504 05
- courriel : cjpm@dts.mg ou cjpm@wanadoo.mg
-
site : http://takelaka.dts.mg/cjpm/index.html
CTA centre de technologies agronomiques
- projet Wallon en brf.
- rue de la Charmille, 16
- 4577 Strée
- Belgique
- tel : 085.274611
- fax : 085.512706
- Directeur : Christian Marche
- Responsables du projet : Christian Marche, Gaelle Warnant,
Benoit Noel.
- courriel du CTA : noel.benoit@skynet.be et/ ou
cta.stree@tiscali.be
-
site : http://www.ctastree.be/index.htm
Jacques Hébert, cultivateur et précurseur du brf
- 594, Georges Muir
- Charlebourg, Québec
- Canada G2N 2H2
- tel : 418 849 7609
- courriel : jhebert@mediom.qc.ca
-
site : http://www.nexcity.com/go/jardins.html
Autodidacte précurseur, Jacques Hébert a débuté ses
expérimentations en 1979. Aujourd'hui producteur de BRF et de plantes
vivaces, il est actuellement une référence reconnue mondialement.
Stéphane Groleau, végéculteur
- 1167, boulevard de la Montagne
- St Casimir, Québec G0A 3L0
- Canada
- tel : 418 339 2697
- courriel : vegeculture@yahoo.ca
-
site : http://www.vegeculture.net/
Diplômé en agriculture biologique du Cégep de Victoriaville, il
s'intéresse à l'agriculture biologique végétalienne, à la permaculture
et aux techniques de non-travail du sol.
Gilles Domenech, expérimentateur BRF
- Larriouau
- 32350 Ordan-Larroque
- France
- tel : +33 (0)6 30 03 97 11
- courriel : gillesdomenech@yahoo.fr
De formation scientifique, Gilles Domenech a découvert les BRF en
2003 grâce à un exploitant forestier des Alpes de Haute Provence. Suite
à quoi il a mis en place des parcelles expérimentales chez ce dernier.
Aujourd'hui ses recherches sont surtout bibliographiques et concernent
le rôle possible entre BRF et mycorhizes. Il a écrit avec Eléa
Asselineau un ouvrage de vulgarisation sur les BRF "De l'arbre au sol,
les BRF" aux Editions du Rouergue.
Eléa Asselineau, co fondatrice du site "lesjardinsdebrf"
- Larriouau
- 32350 Ordan-Larroque
- France
- tel : +33 (0)6 22 02 07 74
- courriel : mycelea@gmail.com
-
site : www.lesjardinsdebrf.com
De formation agricole, Eléa a découvert les BRF chez Jacques
Hébert lors d'un stage en agriculture biovégétalienne chez Stéphane
Groleau. Suite à cela elle a co créé le site www.lesjardinsdebrf.com et
a écrit un ouvrage sur les BRF avec Gilles Domenech "De l'arbre au sol,
les BRF"
Groupe BRF Rhône-Alpes
- Jean André, Benoit Dodelin et Richard Eynard-Machet
- Domaine scientifique Université de Savoie
- 73376 Le Bourget du Lac cedex
- courriel : jean.andre[A T]univ-savoie.fr
-
benoit.dodelin@laposte.net
- r.em@online.fr
-
Site : http://www.leca.univ-savoie.fr/tmp/brf
Nous visons le développement du BRF dans la région Rhône-Alpes.
Des essais et des suivis scientifiques solides sont mis en place suite
au 1er colloque français sur le BRF tenu à Lyon en février 2007.
Livres
"BRF vous connaissez ?" par Jacky Dupety avec Bernard Bertrand, 128p.
Editions de Terran http://www.terran.fr
"De l'arbre au sol, les BRF" par Eléa Asselineau et Gilles Domenech, 192p.
Editions du Rouergue http://brfdelarbreausol.blogspot.com
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