Bouillie bordelaise : fiche découverte
Cette préparation ancienne fait encore aujourd'hui figure
d'incontournable parmi les fongicides employés au jardin. Apprenez-en
un peu plus sur un produit que certains mettent... à toutes les sauces
!
Qu'est-ce que c'est ?
La bouillie bordelaise est une solution de sulfate de cuivre
additionné de chaux, que l'on dose généralement de 10g/l et 20g/l.
Elle est vendue dans le commerce sous différentes marques, sous forme
de poudre à diluer et à pulvériser. On
peut également la confectionner soi-même.
A quoi ça sert ?
Le liquide bleu obtenu s'avère être un excellent fongicide.
Autrement dit, il permet de lutter efficacement contre les maladies
liées à l'attaque de champignons ("cryptogamiques").
Cette bouillie voisine avec le soufre (qui peut s'ailleurs lui
être mélangé) dans la catégorie des fongicides minéraux, par opposition
aux matières actives dites "de synthèse", d'obtention plus récente
(manèbe, thirame...).
Vous avez dit "bordelaise"?
Certains prétendent que l'action anti-cryptogamique de la bouillie
aurait été découverte par hasard par des vignerons du bordelais qui
aspergeaient leurs parcelles d'un mélange de chaux et de sulfate de
cuivre pour... rendre les raisins immangeables et dissuader les
voleurs ! Plus vraisemblablement, le produit a été
massivement employé contre le mildiou qui attaque la vigne puis étendu
par la suite à d'autres cultures.
Principaux usages
On peut assimiler cette bouillie à un désinfectant, que l'on
applique sur les "plaies", anciennes ou fraîches. Comme toujours au
jardin, mieux vaut prévenir que guérir. Ainsi, on pulvérisera
préventivement à la chute des feuilles à l'automne, et au printemps,
juste avant le débourrement des bourgeons, pour maintenir un état
sanitaire satisfaisant.
Quelques maladies
Voici une liste non-exhaustive des maladies contre lesquelles la
bouillie permet de lutter :
- tavelure (pommier, poirier, pyracantha),
- gommose (arbres à noyau),
- coryneum ou criblure (arbres à noyau),
- mildiou (vigne, tomate, pomme de terre),
- entomosporiose (cognassier),
- chancre bactérien (pommier, poirier).
Bonne ou mauvaise ?
Ce produit très traditionnel est aujourd'hui un peu controversé,
notamment en raison des abus qui ont été constatés sur certaines
cultures. Vous pourrez lire sur le sujet un article de l'INRA consacré
à l'effet des
traitements au sulfate de cuivre sur les sols viticoles.
Il ne faut par perdre de vue que le sulfate de cuivre est
toxique, et peut causer de graves brûlures sur certains feuillages.
Attention à respecter les dosages, donc, et comme toujours : pas de
pulvérisation par forte chaleur et/ou soleil.
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