Le désherbage
Les désherbants chimiques sont les principales sources de pollutions
des eaux par les pesticides.
Sur pelouse, ils tendent à acidifier le sol et provoquent l'apparition
de mousse. Entre les pavés, les plantes prolifèrent mais ces
surfaces quasi imperméables favorisent le ruissellement. Les
désherbants sont donc à proscrire et à remplacer par d'autres
solutions.
Vous trouverez dans cette page
La pelouse
► Les problèmes :
La mousse, le trèfle, les pissenlits et autres plantes à
feuilles larges apparaissent dans la pelouse et donnent au jardinier un
sentiment de manque d’entretien. Dans certaines conditions, l’excès de
ces plantes peut étouffer le gazon. Mais les désherbants sélectifs
gazon sont dangereux pour les usagers de la pelouse (enfants, animaux…)
et polluent l’eau.
► Les solutions :
• Choisir un gazon résistant et facile d’entretien
Lors de la création ou de la réfection de la pelouse, choisir
un gazon résistant au piétinement (usage sport ou jeux). Préférer un
gazon de qualité (type Label Rouge) composé de graminées solides, si
nécessaire adaptées aux terrains difficiles (pauvres) ou ombragés.
Éviter le gazon fin de prestige qui réclame un entretien incessant,
coûteux et polluant.
Conseil
: Après le semis de la pelouse, il est fréquent que des plantes
sauvages annuelles (qui ne vivent qu’un an) s’installent. Elles seront
éliminées dès la première tonte. L’usage de désherbant sélectif peut se
justifier seulement dans le cas d’une installation massive de mauvaises
herbes vivaces (rumex…) : un seul passage suffira à les éliminer
définitivement.
• Cultiver une autre esthétique
La présence d’herbes sauvages sur la pelouse n’est pas un signe
de négligence ou de manque de savoir-faire. Les petites plantes basses
qui s’installent peu à peu dans l’herbe ont souvent une jolie floraison
(pâquerette, véronique, brunelle, bugle…) et sont utiles pour nourrir
les insectes auxiliaires.
• Adopter la tonte haute (6 à 8 cm). La tonte basse
fragilise le gazon, favorise l’installation de plantes s’étalant à la
surface du sol (pissenlit, plantain…) et la prolifération de la mousse.
La tonte haute renforce l’enracinement du gazon et sa résistance à la
sécheresse, maintient une bonne couverture herbacée qui s’oppose à la
germination des graines d’indésirables et au développement de la
mousse.
• Utiliser le couteau à désherber Pour extirper ici ou là les
quelques touffes de plantes indésirables (rumex…)
• Contre la mousse La mousse, souvent présente, ne se montre
envahissante que dans certaines conditions : stagnation d’eau en
surface, souvent suite au tassement du sol, acidité, gazon inadapté à
l’ombre, tonte trop courte. Les remèdes Décompacter et
aérer le sol avec un scarificateur pour améliorer l’infiltration de
l’eau de préférence en fin d’été, ou au printemps lorsque la terre est
peu humide Apport léger de chaux en automne (3 kg pour 100 m2),
pour lutter contre l’acidité Apport de compost fin en surface en
hiver (0,5 kg/m2) ou d’engrais organique au printemps, pour améliorer
la structure du sol et stimuler la croissance de l’herbe.
• Contre le trèfle La présence de trèfle blanc est un signe de
manque d’azote dans le sol. Le remède : apport d’azote organique
(compost…) en fin d’hiver.
Les terrasses, cours, allées et entrées de garage
► Les problèmes
Des herbes jugées inesthétiques s’introduisent entre les dalles
et les pavés, dans les interstices et les fentes des surfaces bitumées
ou bétonnées, dans les gravillons…Mais ce type de surface favorise le
ruissellement. Aucun désherbant ne doit donc y être utilisé au risque
de polluer les cours d’eau.
► Les solutions
• Le désherbage manuel Dans les surfaces
gravillonnées ou en terre battue, couper régulièrement la base des
plantes avec un sarcloir. Entre les dalles et pavés, couper les
plantes au couteau.
• Le désherbage thermique
Le désherbage à l’eau bouillante est efficace (sauf contre les vivaces
à racines profondes installées depuis longtemps), sûr et parfaitement
adapté aux petites surfaces. Ne pas attendre d’être envahi, intervenir
une première fois dès la fin de l’hiver. Récupérer l’eau de cuisson des
légumes. Désherbage au nettoyeur à haute pression équipé d’un
système de chauffe. Les gros modèles de désherbeur thermique à
gaz peuvent convenir pour les grandes surfaces.
• Des solutions préventives Dans les allées en terre
battue, pailler avec des copeaux, fougères, roseaux broyés, ardoises
pilées…. C’est agréable et joli. Limiter les surfaces
gravillonnées, plus difficiles à entretenir et les remplacer par des
dalles, des pavés. Balayer régulièrement entre les joints pour
éviter la germination des indésirables ou jointoyer les pavés et les
fissures ou encore, semer de l’herbe entrer les dalles. Dans les
allées et cours gravillonnées : installer préventivement une bâche
poreuse (feutre de jardin) sous les gravillons, disposer une hauteur
suffisante de gravillons (5 cm) pour limiter la levée des herbes
indésirables et faciliter leur arrachage. Niveler régulièrement les
gravillons et recharger si nécessaire
Les plantes spontanées
► Cultiver une autre esthétique Pas
besoin d’en faire trop pour que les allées et terrasses restent
fonctionnelles. Quelques plantes ici ou là ne sont pas gênantes et
adoucissent le caractère un peu strict de ces surfaces. Tolérons
ces "herbes folles", elles nous le rendront. Laisser l’herbe
s’installer ou en semer pour engazonner les allées gravillonnées ou en
terre battue Dans les allées, le passage des voitures et le
piétinement régulier limitent l’extension des plantes indésirables. Laisser
l’herbe entre les dalles, c’est très joli. La couper avec des ciseaux à
gazon ou au rotofil.
Favoriser des fleurs vagabondes esthétiques (alysse, érigéron,
lychnis, pensée, valériane, rose trémière…) entre les pavés ou dans les
gravillons : elles prendront la place des herbes indésirables et
l’allée ou la cour deviendront un véritable jardin.
Les haies, arbustes, arbres, rosiers, fleurs
► Les problèmes
Les herbes spontanées font une sévère concurrence aux jeunes
plantations pour la lumière, l’eau et les sels minéraux. Elles
s’installent et prolifèrent lorsque la terre est laissée nue dans les
massifs. Certaines plantes - achillée, linaire, lierre terrestre,
mauve, digitale, euphorbe…- ne sont pas gênantes et attirent beaucoup
d’insectes auxiliaires et de papillons. En revanche, quelques-unes sont
à la fois très envahissantes et peu esthétiques : laiteron, chardon,
mercuriale…
► Les solutions
Elles consistent à couvrir la terre en permanence avec un paillis, des
plantes couvre-sols ou les deux à la fois
• Le paillis Il évite la germination des plantes et leur
installation. Mais, attention, il n’empêche guère les plantes vivaces
déjà présentes de se développer (chardon, liseron, chiendent…) ; il
faut les extirper avant de pailler. Il protège aussi la terre
contre le tassement et le dessèchement. Il favorise le développement de
l’activité biologique qui profite aux plantations.
• Les plantes couvre-sol
Elles sont choisies pour leurs performances à couvrir le sol de leurs
feuilles, leurs tiges ou leurs racines superficielles et à s’étendre
peu à peu sans envahir le jardin. Elles occupent l’espace disponible ne
laissant plus de place pour les herbes indésirables. Ce sont des
plantes esthétiques et rustiques qui résistent à l’ombre, à la
sécheresse, à la concurrence racinaire, au gel. Certaines peuvent même
se ressemer çà et là.
Cinq couvre-sol parmi les plus performants :
- La consoude à grandes fleurs (naine tapissante), très solide,
à l’ombre comme au soleil, en sol sec ou frais.
- Certains géraniums botaniques (endressii, oxonianum,
macrorhizum, sanguineum…), belles fleurs roses et beau feuillage
- Le lierre sauvage ou horticole, le meilleur couvre-sol à
l’écart des murs, très utile pour les animaux auxiliaires
- La marjolaine rampante, feuillage jaunissant au soleil
- La petite pervenche (évitez la grande pervenche, trop
envahissante), à l’ombre
Autre choix
à l’ombre ou en sol frais : aspérule odorante, bugle rampant,
épimédium, pachysandra, Waldsteinia ternata
Au soleil ou mi–ombre : céraiste, lamier maculé nain (évitez le
lamier jaune galéobdolon, trop envahissant), alchémille mollis Quelques
arbustes rampants assurent la même fonction et conviennent bien le long
d'un muret, d'un talus, pour couvrir de grandes surfaces : fusains
rampants, cotonéasters rampants, symphorine "Hancock".
Entretien des couvre-sol En attendant qu’ils poussent,
couvrir la terre avec un paillis. Apporter du compost tous les 3 à 5
ans, désépaissir et mettre de l’ordre de temps en temps.
Pour les massifs de fleurs Plantations imbriquées et assez
serrées des annuelles pour que les feuillages couvrent rapidement la
terre Paillis avec des matériaux de petit calibre faciles à
étaler Désherbage manuel avec un sarcloir à main, un couteau à
désherber…
Le potager
► Les problèmes
En trop grand nombre, les herbes spontanées font concurrence
aux légumes, risquant de provoquer une baisse de rendement. Elles sont
plus difficiles à contrôler et à extirper dans les sols tassés, humides
ou pauvres en humus que dans une terre meuble. Quelques plantes
sauvages comme le coquelicot, la digitale, la molène…sont toutefois les
bien-venues dans le potager car elles sont jolies et attirent de
nombreux insectes auxiliaires.
► Les solutions
• Semer en rang, jamais à la volée en ligne étroite,
tracée à l’aide d’un cordeau et d’une serfouette, adopter la boite à
semi manuel pour semer clair et bien droit, écarter suffisamment les
rangs pour faciliter le sarclage mécanique.
Conseil :
Le faux semis permet de diminuer le nombre de graines indésirables
présentes à la surface du sol avant toute culture. Préparer la terre
comme pour un vrai semis quelques semaines avant la culture, attendre
que les graines indésirables germent, arroser si nécessaire pour
faciliter leur levée. Puis sarcler en surface pour éliminer les herbes
indésirables sans remonter de nouvelles graines avant de semer les
légumes.
• Désherber avec des outils manuels Facile, rapide, sans
fatigue, à condition d'avoir semé en rang étroit : sarcloir mécanique,
à tirer, à pousser, ou oscillant : coupe la base des plantules,
efficace et sans fatigue
binette : coupe les mauvaises herbes installées et décroûte la
terre, plus fatigant
Conseil :
Sarcler de préférence le matin d'une journée ensoleillée. Ne pas
attendre que les « mauvaises » herbes soient trop développées ou en
fleurs.
• Travailler la terre en douceur : Les outils de travail
du sol doivent aussi permettre d'extirper les racines tout en évitant
de les multiplier. Préférer : la fourche à bêcher à la bêche plate qui
coupe les racines et les multiplie, le croc pour remonter les racines à
la surface sans les briser. Attention au râteau qui affine trop la
terre en surface. Ne pas travailler la terre si elle est humide, colle
aux outils ou aux racines des plantes à extirper.
Conseil :
Ne pas utiliser de motoculteur si la terre est infestée de racines de
chiendent, liseron, parelle, chardon, oxalis, pour éviter de les
multiplier.
• Couvrir le sol avec un paillis et du compost Pailler dès
que possible en particulier les légumes qui restent longtemps en place
et ceux qui s'étalent. Si possible, apporter du compost en surface
avant de pailler avec : paille, fougère, au pied des cultures longues
(tomate, courgette, fraisier, framboisier…) tontes de gazon sèches,
surtout entre les rangs des cultures courtes (pomme de terre, haricot,
salade…), feuilles mortes en hiver (noisetier, arbustes d’ornement…),
feutre végétal pour les fraisiers.
Conseil :
en cas de sécheresse, arroser avant la pose du paillis puis, si
nécessaire au goulot ou avec une tuyau microporeux au pied des plantes.
• Couvrir le sol avec un engrais vert
L'engrais vert est une plante de croissance rapide, semée dès que la
terre n'est pas cultivée pendant quelque temps. En couvrant la terre,
il évite le développement des herbes indésirables, améliore et
maintient une bonne structure favorable aux cultures, enrichit la terre
en humus et libère des éléments fertilisants après sa destruction. La
période la plus favorable et la plus facile pour le semis est la fin de
l’été-début d’automne, après les récoltes. On détruit ensuite l’engrais
vert par broyage mécanique en fin d’hiver (tondeuse), ou coupe manuelle
(binette, faucille). Puis on attend qu’il sèche légèrement avant de
l’incorporer au sol quelques semaines avant les cultures.
Résultat : une terre souple et propre assurée !
Conseil : éviter de semer un engrais vert avant une culture de
la même famille pour respecter le principe sanitaire de la rotation. La
phacélie ne pose pas ce problème.
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