Désherber : des solutions bio
Arracher les mauvaises herbes, voilà une corvée dont tout
jardinier se passerait. La tâche est si ingrate qu'il peut-être
tentant d'avoir recours aux herbicides. Il existe pourtant des moyens
respectueux de l'environnement pour supprimer les adventices qui
demandent certes un peu plus de travail, de patience et de tolérance,
mais notre santé ne mérite-t-elle pas de petits sacrifices ?
Désherbage mécanique
 Désherbage manuel à la
faux
Le désherbage mécanique consiste à arracher les adventices ou à
les couper. Il comprend :
- la coupe : elle concerne essentiellement les ronces et divers
buissons et est souvent une étape préalable à l'arrachage. Elle
n'élimine pas l'indésirable, mais en supprimant ses parties aériennes,
elle l'affaiblit un moment. La coupe se fait à l'aide d'une faucille,
d'une faux ou d'un sécateur.
- le sarclage, qui consiste à arracher une plante et ses
racines, lorsque celles-ci sont bien installées. Le sarclage
s'effectue à la main ou à l'aide d'un outil, comme la houe (outil à
manche long) ou le transplantoir et la gouge (outils à manche court)
qui permettent un travail plus précis. Procédez au sarclage de
préférence par temps sec, sur un sol bien ressuyé, afin d'éviter que
les mauvaises herbes s'enracinent à nouveau, si vous les laissez sur
place (paillis).
- le binage, dont l'objectif
principal est d'aérer le sol en cassant la croute de surface. Lorsque
le jardinier bine le sol, il déracine également les herbes à faible
enracinement et les jeunes pousses d'adventices. Le binage est
davantage un travail d'entretien qu'un travail de fond. Il s'effectue
à l'aide d'une bineuse. Certains jardiniers peuvent avoir recours à la
motobineuse. Attention toutefois à ne pas l'utiliser sur un terrain
envahi par des vivaces à reproduction végétative comme le chiendent ;
l'action des fraises sur les rhizomes traçants entrainerait leur
multiplication.
Précautions et préconisations :
 Motobineuse
On vient de le voir, le sarclage et le binage à l'aide d'un outil
tranchant comportent le risque de couper des racines
de vivaces à reproduction végétative et d'accélérer
leur prolifération (en moindre proportion pour les outils manuels).
Pour supprimer ce type de mauvaises herbes, il est possible d'avoir
recours à un outil de type grelinette, qui soulève les racines sans les
trancher.
Le jardinier bio choisit également la bonne période
pour effectuer un désherbage naturel afin qu'il soit plus efficace ;
en règle générale, procédez avant la montée en graine, pour maitriser
sa multiplication, et le matin, afin que la plante arrachée se dessèche
au soleil l'après-midi.
Il est également préférable d'intervenir lorsque les adventices
sont plus fragiles : pour les rumex, préférez le printemps ou le début
de l'été. Le chardon des champs et le liseron s'enlèvent au printemps
quand les réserves des racines sont faibles et le chiendent est arraché
en été, période chaude et sèche, idéale pour détruire les racines
coriaces. La tradition veut également que l'on coupe les ronces à la
Saint-Jean ; en réalité, la période favorable se situerait entre
le 21 et le 30 juin.
Désherbage thermique
 Désherbeur thermique
Le désherbage thermique consiste à chauffer les parties aériennes
des mauvaises herbes, ce qui a pour conséquence de faire éclater les
cellules végétales et d'entrainer la mort des plantes. Il se pratique à
l'aide d'un bruleur (appareil spécialisé vendu dans le commerce). La
manipulation est simple et surtout efficace sur les jeunes plantules ou
sur les plantes peu enracinées. La précision de l'intervention fait
qu'elle ne nuit pas à son environnement, bien qu'elle nécessite
l'utilisation de gaz !
Le buttage
Le buttage consiste à ramener de la terre au pied des plants de
légumes afin de former une butte. Le rôle de cette butte est avant tout
de protéger, de nourrir ou de maintenir droit les légumes, mais permet
également d'étouffer les mauvaises herbes proches des pieds. Attention,
tous les légumes ne se buttent pas ; procédez pour les asperges, les
carottes, les haricots, les poireaux, les pois, les pommes de terre...
L'occultation
Cette méthode convient pour nettoyer un espace laissé à l'abandon
et envahi par les plantes sauvages. Il s'agit de recouvrir le terrain
d'une bâche ou de quelques épaisseurs de cartons bien étanches à la
lumière du soleil, et d'attendre quelques mois. Petit à petit, la
végétation disparait. Si vous voulez supprimer ainsi du liseron ou du
chiendent, soyez patients, ils peuvent survivre plusieurs mois dans
l'obscurité.
La prévention
La lutte contre les mauvaises herbes ne déroge pas à la règle de
conduite que s'est fixée le jardinier bio : mieux vaux prévenir que
guérir. Aussi, avant d'attraper un outil pour arracher une adventice,
il met en place un certain nombre de principes, comme le paillage, le
faux semis, les engrais
verts, la rotation des cultures et la mise en place de cultures
nettoyantes, qui permettent de maitriser leur développement.
Et pour finir, rappelez-vous qu'une plante sauvage n'est
“mauvaise herbe” que si elle entre en concurrence
(alimentation et espace) avec vos plantations. Laissez la véronique
protéger le sol, le trèfle attirer les abeilles et mangez le pourpier !
Isabelle C.
London Permaculture (1) - dgp2008 (2) -
X.G. (3)
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