Très chères taupes
Vous êtes chassées des jardins, évacuées des potagers, anéanties
des champs cultivés par vos «amis» les jardiniers... Vos seuls espaces
de liberté vont bientôt se réduire à peau de chagrin. Mais vous,
malheureuses, ne voyez rien. Et continuez inlassablement de manger les
vers nuisibles pour nos indispensables légumes, d'aérer notre terre.
Vous êtes trop bonnes. Laissez-nous seulement leur dire...
Envahisseur des jardins
Oui, les taupes sont partout. Elles creusent des galeries qui
détruisent les racines des végétaux, aménagent des taupinières dans les
jardins anglais et défigurent les massifs. Sans compter Rex le chien
qui transforme chaque monticule de terre en un cratère béant dans
lequel le petit Nathan ira sûrement jouer après l'orage de la veille...
De vraies « emmerdeuses » en somme. D'autant plus que le vrai
problème est qu'elles reviennent toujours. Et si ce ne sont pas elles,
ce sont les mulots qui prennent possession des galeries abandonnées.
Ce qui ne marche pas
Alors, on peut toujours truffer son jardin de poils de chien, de
branches de rosiers, de tessons de bouteilles, de fil barbelé. Ou bien
planter des bulbes odorants comme des fritillaires, de l'ail ou de
l'oignon, des plantes répulsives comme le ricin... Sachez que tous ces
systèmes ne sont efficaces que très localement. Restent les
pages jaunes et internet, les taupiers professionnels et revendeurs de
pièges s'y font la course. Ils sont nombreux et diront tous la même
chose : « Ce travail sera à recommencer, encore et
encore ». La taupe a généralement une (deux sont rares) période de
reproduction par an, avec une moyenne de six petits. Au bout de deux
mois, les jeunes quittent le nid vers d'autres territoires pour y faire
leurs galeries... Une fois un jardin mécaniquement débarrassé de ses
taupes, le taupier doit donc aller piéger les champs ou jardins en
périphérie. Un travail sans fin...
Mise au point
Le but du jeu ne doit donc pas être l'anéantissement de la taupe sur
son terrain, qui ne marche apparemment pas plus que le reste. Mais
plutôt l'acceptation du jardinier de devoir vivre avec. C'est comme
ça... Rendez-vous compte, les taupes ne sont vraiment
nuisibles que pour la vue... A leur manière, elles sont aussi de vraies
petites jardinières. Elles peuvent attraper pour vous quelques petits
serpents, des petits mulots. Elles raffolent des vers blancs de
hanneton, des courtilières et des vers taupins qui, eux, sont
nuisibles. Elles aèrent la terre et contribuent à faciliter le drainage
des terrains par leurs galeries...
Moyens de régulation
Toutefois, on a beau aimer les taupes et ne pas vouloir les anéantir.
Il n'y a aucune obligation à devoir abriter toute la colonie de taupes
du quartier. De temps en temps, il peut donc être utile de savoir
réguler la population, si celle-ci devenait trop nombreuse.
Dans ce cas, le recours à un piège à taupe sans douleur facilement
accessible dans les jardineries sous le nom de taup'clac peut-être
envisagé. Une fois emprisonnée, il n'y a plus qu'à aller la lâcher dans
une jachère, un pâturage où elle cohabitera avec les vaches et les
moutons. Ou s'en ira ailleurs... La présence de chats ou de chiens sur
un périmètre donné peut également être un des moyens combinés de
dissuasion. En revanche, pour protéger de l'invasion des taupes un
espace réduit, comme un potager, il suffit de clôturer la zone ou
d'enfouir un grillage dans le sol à un minimum de 60 cm de
profondeur (également valables pour les lapins et campagnols).
Epilogue
Nous espérons, chèr(e)s ami(e)s, avoir contribué à votre
intégration dans l'environnement des fidèles jardiniers et des nouveaux
venus (toujours les bienvenus...) afin que ceux-ci adoptent tous ces
précieux conseils à leur bout de terrain.
Ecologiquement vôtre,
Faustine Milard
Peggy Boegner - Reiner Wellmann
(Fotolia.com)
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